Ferrari 500 F2

Un bon cru

La belle avec sa boîte et ses flacons d’origine.

Une fois n’est pas coutume, nous présentons un superbe Ferrari qui est un jouet…, et même un peu plus. Avec ce bolide qui allie sport automobile et boissons alcoolisées, une nouvelle page s’écrit dans la chronique des Jouets et jeux interdits. L’histoire de cet extraordinaire modèle ne manque pas de saveur.

Elle fit couler beaucoup d’encre mais pas que…

Sur cette Ferrari, commandée par la distillerie italienne Toschi de Vignola (province de Bologne) et fabriquée en 1953 par MLB (Ets Marchesini de Bologne), beaucoup d’informations inexactes ont circulé. A Nello Ugolini, alors directeur sportif de la toute jeune écurie Ferrari, revient l’idée de la création de ce modèle conçu pour contenir trois flacons de liqueurs de la marque Toschi très connue en Italie. Il se trouve que M. Ugolini était aussi le fils et le petit-fils des fondateurs de la célèbre distillerie. Avec l’autorisation d’Enzo Ferrari bien sûr, et pour célébrer les victoires aux Championnats du monde en 1952 et 1953 et les exploits du pilote Alberto Ascari qui remporta six Grands Prix sur sept, il décida de faire réaliser ce modèle réduit de la Ferrari 500 F2.

L’idole des champions

Juan-Manuel Fangio
Nino Farina
A. Ascari et P. Taruffi
Gigi Villoresi

Fabrication MLB, spécialiste du jouet en métal

La société MLB (Marchesini), spécialisée dans les jouets en métal a réalisé cette commande, tandis que les deux coques en aluminium ont été fabriquées par la fonderie Fonderpress, également sise à Bologne.

Toschi de Vignola, le commanditaire
MLB, spécialiste italien du jouet en métal
Fonderpress, la fonderie d’aluminium de Bologne.

Les coques abritaient la Crema Cacao, la Susetta et le Cherry Brandy. Deux des bouteilles étaient asymétriques avec un partie convexe et une partie plate pour s’adapter à l’intérieur du modèle.

Trois flacons de 72 cl sous le capot.
Les deux coques en aluminium.

Tous les détails

Les roues en caoutchouc, d’un diamètre de 10 cm à l’avant et de 11 cm à l’arrière, sont estampées du logo Pirelli. Bien sûr les modèles étaient finis en rouge, avec le bouclier avec les “chevaux cabrés”. Le tableau de bord fidèlement reproduit, comprenait le compte-tours et la jauge de pression d’eau. En retirant les bouteilles, il devenait possible de monter les deux mécanismes au modèle pour lui permettre d’avancer. Cette belle Ferrari mesure 55 cm de long, 15 cm de large et 15 cm de haut. A l’intérieur, la distance entre les deux essieux est de 30 cm, tandis que les bouteilles mesurent 26 cm de haut.

Belle illustration sur l’un des grand côté de la boîte.
Le circuit de Modène (ville natale d’Enzo Ferrari) reproduit sur un autre côté.

La boîte en carton contenant la Ferrari est décorée en couleur sur toutes ses faces. Deux d’entre elles portent des illustrations promotionnelles pour différents alcools de la distillerie Toschi. Les dessins du circuit de Modène aujourd’hui disparu et de la Ferrari 500 occupent les deux autres grandes faces. Le bouclier Ferrari se trouve sur le petit côté de l’emballage.

Le célèbre emblème de la Scuderia Ferrari.

Le retour du duo gagnant

En 1977, Ferrari et Toschi réitérèrent la même promotion à l’occasion de la victoire en 1977 de Niki Lauda au championnat du monde de F1 sur sa Ferrari 312 T2. Bien que beaucoup de ces modèles aient été produits, il est très rare, voire impossible, de les trouver complets, comme celui-ci, avec la boîte d’origine et les trois flacons à l’intérieur. Cette exceptionnelle Ferrari est donc très recherchée par les collectionneurs du monde entier.

Sans pilote à l’origine, celui-ci a été spécialement créé par un céramiste pour cet exemplaire.

Martine Hermann et Giuseppe Scarani

(Photos et collection © G. Scarani)