Barques de pêche

Les embarcations de pêche à rames professionnelle ou amateure sont souvent de simples barques. En alternative à un moteur à ressort plus onéreux, certains fabricants ont opté pour une propulsion au moyen d’un élastique.

• A la rame

Le Français Gilaz met en scène un marin- pêcheur en ciré à bord d’une barque dont la coque est en carton vernis. Gilaz est mieux connu pour ses corps de ferme et châteaux forts en isorel et bois peints.

Gilaz, barque de pêche avec marin, L. 20 cm.

Avec le même mode de propulsion, l’Américain du Michigan Emmert-Hammes Toy Company a choisi d’installer Barnacle Bill dans une baque en fer blanc peinte. Barnacle Bill est un marin de fiction apparu semble-t-il au XIXe siècle dans la culture californienne. Il est l’objet d’une chanson de marins et de multiples films. La barnacle ou bernacle est un coquillage qui s’incruste sur les coques de bateaux peu actifs ou mal entretenus, un surnom peu élogieux donc.

Emmert-Hammes Toy Co, Barnacle Bill, L. 24,5 cm.

• A la godille

Une variante d’utilisation d’une rame est la godille. Technique bien connue des pêcheurs ou plaisanciers qui regagnent leur bateau ancré en rade, particulièrement dans les contrées à forte marée. Il convient d’imprimer à la rame disposée obliquement, in mouvement en 8 ce qui propulse l’embarcation. Peu de fabricants de jouets on relevé le défi.

Le godilleur Fernand Martin

Le premier sans doute est Fernand Martin, l’homme des automates en réduction, en 1880, date du brevet de sa barque. Comme pour son poisson nageur, point de moteur à ressort ou autre mouvement d’horlogerie, mais un élastique disposé le long de la quille de la barque.

La rame manque à cet exemplaire rarissime, L. 26 cm.
Dessin descriptif du brevet Fernand Martin de 1880.

Fernand Martin a ensuite complexifié son jouet en lui donnant l’aspect d’une chaloupe à vapeur. Mais la propulsion n’est pas assurée par un moteur à vapeur mais par un élastique placé le long de la quille. Celui-ci imprime un mouvement de va et vient au gouvernail et aux bras du personnage assis sur la chaudière factice. C’est le principe propulsif de la godille. Le jouet date de la fin du XIXe siècle et sa production se poursuivra après 1919, date de la reprise de Fernand Martin par Victor Bonnet & Cie.

Jouet N° 125 du catalogue Fernand Martin de 1893.
Extrait de la photo de couverture du livre Les bateaux jouets de Jacques Milet, 1967. (Adrien Maeght éditeur).

Un godilleur Quiralu

Il faudra attendre près de 60 ans pour voir apparaître un nouveau jouet godilleur par Chamare. L’embarcation est en bois et le marin est une fabrication Quiralu. Le mode de propulsion est là aussi l’élastique logé le long de la quille. Une petite manivelle placée à la poupe permettait de torsionner l’élastique de fond de coque et d’imprimer à la godille d’un mouvement de balancier qui faisait avancer la barque. Une centaine de tours de manivelle était préconisée dans les instructions.

Le Chamare avec un personnage finement réalisé.
Torsion de l’élastique sous la coque par manivelle.

A partir de 1946, Chamare a produit de nombreux modèles de petites embarcations à rames mais aucune autre ne semble avoir été motorisée. Chamare est l’abréviation de Chantiers maritimes de Redon, en Bretagne.

Le pêcheur La Hotte St-Nicolas

Dans les années 1950-60, la société La Hotte Saint-Nicolas a proposé un barque de pêcheur métallique équipée d’un moteur à ressort.

La Hotte St-Nicolas, barque de pêche et marin godilleur (réf. 50), L. 50 cm.

Bernard Gloux
Collectionneur