Les concurrents français de Meccano

Lors d’un précédent article sur les jeux de construction métallique, nous retracions l’historique du plus ancien et du plus célèbre d’entre eux, Meccano. Franck Hornby, qui l’inventa en 1898, se proposait d’initier les jeunes enfants à l’Art de l’ingénieur. Avec le succès que l’on sait.

Une très nombreuse concurrence
Ce formidable succès, en phase avec l’époque en plein essor industriel, encouragea de nombreux métallurgistes français à commercialiser des jeux de construction en complément de leurs productions principales. Parmi les entreprises qui s’y lancèrent, certaines rencontrèrent leur public et d’autres restèrent confidentielles. Si bien qu’aujourd’hui, il est difficile de les documenter, d’autant que les coffrets ne portent pas toujours mentions des marques.
— Pygmée, “Pour les ingénieurs, architectes et directeurs” est sans doute le premier jeu de constructions métalliques français concurrent de Meccano. Il est explicitement indiqué sur la notice qu’il est “Le seul jouet français de constructions métalliques construit et imaginé par des ingénieurs Français”, un petit cocorico destiné à se démarquer de l’illustre concurrent anglais.

Il a été créé par les établissements Péricaud dans les années 1920. Cette société, fondée par André Péricaud en 1900, était spécialisée dans la construction de radios, avant de s’orienter vers la fabrication de jeux éducatifs électriques et scientifiques jusqu’à 1939.


— Metallic, un jeu de construction aux pièces en fer, a été commercialisé entre 1910 et 1918. La fabrication est signée PF sans que nous en sachions plus.


— Mecanic, la science mécanique mise à la portée des jeune “ingénieurs français” par J.d.P. (Jouet de Paris), est un jeu permettant les constructions de machines, ponts, grues et matériel roulant… Il a été commercialisé à partir de 1920 jusqu’à 1923 lorsqu’un procès intenté par Meccano pour contrefaçon obligea le fabricant français à cesser sa diffusion.

— Constructor, dont le slogan “La mécanique pour tous”, a été probablement le principal concurrent français de Meccano. Son nom évoque le jeu de construction métallique créé et commercialisé en France par Bing en 1914, le Structator.


Constructor fut actif de 1924 à 1964 à Paray-le-Monial en Saône-et-Loire.


— Charpento, marque de jeux de construction métallique française fondée dans les années 1920 et active jusqu’à 1925 environ. Par la suite, la CIJ a racheté le matériel utilisé en particulier pour la réalisation du garage de son l’Alfa Romeo P2.

— Le Charpento, jeu de construction métallique, réapparaît dans les années 1950. L’article “Le” est ajouté à “Charpento” et l’illustration du coffret porte la mention JA Paris. Malgré les similitudes de certains éléments, ici pas de segments perforés comme pour la plupart des autres jeux mais de pièces plates ajourées, rien ne permet de dire qu’il s’agit du même outillage et/ou du même fabricant.

— Ingenium de fabrication inconnue, aucune mention ne figure sur le coffret.


— Ma Tour construit…, jeu des années 1930. Nous ne possédons pas d’informations sur ce jeu de fabrication inconnue.

— Construc-Lux est un jeu fabriqué dans les ateliers vosgiens de la société E. Grebert spécialisée dans la production d’appareils à cercler les colis et d’agrafeuses sous le nom de Ageteco. Le siège social de l’entreprise était établi à Suresnes.

— Trix, l’entreprise allemande dirigée par Stephan Bing traditionnellement tournée vers les trains mécaniques, propose un jeu de construction métallique dès 1930. D’abord en acier nickelé, les lames ont ensuite été fabriquées en aluminium, donc moins solides. Leur originalité résidait dans la superposition de trois rangées de trous, tandis que Meccano n’en avait qu’une. Le jeu a été commercialisé dans toute l’Europe. En France, c’est la société Gobin-Daudé à Paris qui se chargeait de l’importation, de la fabrication et de l’assemblage du matériel Trix depuis 1932.


— Metaflex, le jeu du “Petit ingénieur”, distribué entre 1947 et 1959. Le fabricant est inconnu.

— Mac et Nick, un jeu en alu et acier non peints, fabriqué à Muzy (28) pour les “As de la mécanique”, des années 1940 à 1960.

— L.R., une entreprise fondée par pour Louis Roussy à Trappes (78) en 1928 et active jusqu’en 1941, est aussi connue pour la fabrication de coffrets de trains Le Rapide (LR) et de circuits électriques automobiles.

— Efel, à la référence explicite, est un jeu de construction de type “Travaux publics” produit dans les années 1950 et 1960.

— Test, jeu des années 1950, peu connu.

— Juga, le jeu des “Compagnons du Tour de France”, réalisé à Saint-Étienne par Jules Gauvry actif dans les années 1940 et 1950.


Martine Hermann (Texte)
Jean-Pierre Sigonneau
(© Photos et coll.)
Si vous avez d’autres informations sur les jeux de construction métallique français, n’hésitez pas à compléter cet article.
