Trains Märklin

150 ans d’histoire

Locomotive à vapeur, écartement I, vers 1920.

Théodore Märklin, fonde son entreprise de jouets à Göppingen en 1859. Après sa mort accidentelle en 1866, son épouse poursuit les activités jusqu’à ce que Eugen et Carl, les deux plus jeunes fils de la famille prennent la relève. Ambitieux et audacieux, les deux frères Märklin, équipent et agrandissent les ateliers. Ils rachètent le concurrent Lutz et élargissent ainsi considérablement leur savoir-faire et la gamme de leurs jouets en tôle. Bateaux, véhicules hippomobiles, machines à vapeur vive, remarquablement finis à la main, sont destinés à une clientèle privilégiée.

Gare, modèle export pour les USA, vers 1930.

Un essor international

Eugen Märklin, attentif aux innovations de son époque, aux progrès techniques et scientifiques et au fascinant essor du chemin de fer, prend conscience des potentialités du train jouet, pourvu qu’il soit possible de créer des réseaux grâce à des rails assemblables entre eux.
Lors de la Foire de Leipzig de 1891, Märklin acquiert une renommée internationale en uniformisant l’écartement des voies et en présentant un système complet de train miniature avec une locomotive mécanique sur un circuit en huit. Les années 1900 marquent l’envol de la société. Märklin multiplie les accessoirises de réseaux, diversifie les moteurs — mécaniques, à vapeur vive ou électriques —, ainsi que les échelles de reproduction — le O, le I, le II et le III. La variété des systèmes ajoutée à la finition exemplaire et au réalisme des trains confèrent à la marque un avantage substantiel sur la concurrence et lui assurent de belles ouvertures à l’exportation. A l’aube de la Première Guerre, sous la nouvelle raison sociale de “Gebrüder Märklin & Cie”, la firme emploie 500 à 600 personnes.

Catalogue Märklin 1934 présentant trois locos électriques, écartement O.

Sur la voie du HO

Après guerre, priorité est donnée à l’écartement O et au système électrique 20 V qui remplace la vapeur vive et démocratise le chemin de fer miniature. Tandis que la construction onéreuse des bateaux est abandonnée, la fabrication des automobiles en tôle ou en zamak au 1/43 et des coffrets de constructions métalliques se développe. Mais une grande idée germe déjà dans l’esprit des ingénieurs maison qui nécessite tous les investissements. Et en 1935, juste avant de se retirer des affaires et de transmettre les rênes à son fils Fritz, Eugen Märklin introduit l’écartement OO qui préfigure le HO et qu’il présente sous forme de coffrets complets à la Foire de Leipzig.

Autorail électrique “Flèche rouge” des CCF suisses, fabrication des années 1936-1940, L. 34 cm, écartement 0.

Pour le marché US

Durant la Seconde guerre, les usines Märklin échappent miraculeusement aux bombardements alliés. Avec le manque de matières premières, la reprise des activités est difficile et s’oriente principalement vers les USA avec la reproduction de locomotives américaines.

Locomotive à vapeur vive type “Pacific” HR 4021, écartement I.

Dès lors, la firme de Göppingen qui se focalise sur les trains et conserve toute son inventivité, met au point un nouveau système de contacts par picots pour remplacer plus discrètement le rail central. Elle profite du succès généralisé du HO et des nouvelles possibilités offertes par le plastique injecté pour se développer encore. En 1966, sous la houlette du nouveau directeur Hans Keller, Märklin absorbe Hamo maîtrisant ainsi la technologie du courant continu tout en s’assurant la suprématie en HO.

Locomotive 150 DB en zamak et tender en plastique (réf. 3027), écartement H0, de la fin des années 1950.

L’ère du digital

En 1972, Märklin dévoile le plus petit train du monde : le “Miniclub” à l’échelle Z, 1/220, soit 6,5 mm d’écartement entre les voies. Durant les années 1980, le nouveau système de commande “Märklin Digital” développe une technologie de contrôle numérique du matériel et ouvre de vastes perspectives pour l’élaboration de réseaux informatisés toujours plus complexes. Le rachat en 1996 de Trix, l’un des pionniers de l’aventure OO en Allemagne, permet à Märklin d’ajouter le N à son catalogue, seule échelle qui lui manquait entre le I et le Z. Malgré cette opération et le rapprochement avec LGB (trains de jardin) en 2006, l’entreprise est conduite au redressement financier en 2009.

Publicité 1957.

Rémi Baron

Collectionneur de jouets anciens