Catalogues d’étrennes

Hall d’entrée du Printemps, décembre 2025.

Dans la Rome antique, les étrennes étaient des cadeaux symboliques, souvent des branches d’olivier ou de laurier, pour souhaiter une bonne année nouvelle. Notre mot vient du latin strena qui signifie présage. Au fil du temps, le sens de gratification s’est ajouté à celui de cadeau (pour les postiers et les pompiers par exemple). La fête religieuse de Noël n’était alors pas trop entachée de mercantilisme. Les cadeaux faits aux enfants pour Noël ou le Nouvel an étaient aussi des étrennes, au temps où la publicité n’était que de la réclame. Le Père Noël américain d’après-guerre a changé cela.

Les étrennes, moment fort pour le commerce

Pour illustrer les “unes” de leurs catalogues, les Grands magasins parisiens ont sollicité quelques uns des affichistes les plus renommés depuis la Belle Époque jusqu’à la Seconde Guerre.

1897 – 1902

• A la Place Clichy

Ainsi, Paul Argand, fondateur en 1865 du magasin de nouveautés A la Place Clichy, confia t-il sa publicité aux artistes Jules Chéret, Misti et Georges Meunier (1869-1942).

Étrennes 1897, Georges Meunier, ill.
Étrennes 1902, G. Meunier illustrateur.

1903

• Grands magasins du Louvre

En 1903, les grands magasins du Louvre firent appel au talent de Jules Grün (1868-1938), affichiste et dessinateur de presse.

Jules Grün pour Le Louvre, 1903.

1910 à 1913

• Au Bon marché

En 1848, Aristide Boucicaut élève le Bon marché au rang de plus grand magasin de Paris, un “temple du commerce”, précurseur des hypermarchés modernes.

La Samaritaine 1910, illustration non signée et Marcellin Auzolle pour Au Bon marché, 1911.

Louis Markous (1883-1941), illustrateur Au Petit journal et au Rire, donna en 1913 un dessin pour la couverture du catalogue du Bon marché.

Markous, étrennes 1913.

1920 à 1928

• Au Palais de la nouveauté et Aux Trois Quartiers

Le Palais de la nouveauté, situé rue Clignancourt à Paris, a ouvert en 1856. Il devient Grands magasins Dufayel en 1888, du nom de son nouveau propriétaire.

Au Bon marché, catalogue d’étrennes 1920 et Palais de la nouveauté, catalogue 1922.
Catalogue Aux Trois Quartiers, 1928.

1929 à 1931

• La Samaritaine et Le Louvre

Couverture et quatrième du catalogue d’étrennes de la Samaritaine 1929.

La Samaritaine confie l’illustration de la couverture du catalogue 1931 au célèbre dessinateur caricaturiste Jean Chaperon (1887-1969), artiste particulièrement réputé pour ses très nombreuses cartes postales humoristiques.

Le Louvre 1928 et La Samaritaine 1931.

1934 à 1939

Illustrer des catalogues commerciaux constituaient un complément de revenus conséquent et un tremplin pour les artistes. Ainsi, Albert Jarach (1874-1962) se consacra t-il au dessin en multipliant ses contributions dans la presse et pour la publicité avant de devenir lui-même éditeur d’art.

• Au Printemps et au BHV

Belle illustration signée Albert Jarach pour les étrennes du Printemps, 1934.
Jeux d’hiver au BHV en 1937.
Sue la catalogue du BHV de 1938, la photo remplace le dessin.

Dans cette avalanche de réclames pour Jouets-Étrennes du début du XXe siècle, on remarquera l’absence de référence à Noël et au Père et sapin du même nom.

La Samaritaine 1939, illustrations Jean Chaperon.
Page intérieure du catalogue 1939.

Estimation : Aujourd’hui, ces catalogues d’étrennes anciens constituent une source inestimable de documentation pour les collectionneuses et collectionneurs. Ils sont à ce titre conservés et recherchés. On en trouve régulièrement à la vente entre 15 et 35 €.

Biblio

François Theimer, Les Catalogues d’étrennes des Grands magasins, Tomes 1, 2 et 3, Editions Polichinelle.

Bernard Gloux et Martine Hermann