Sur piste circulaire

Cisitalia 202, moteur Micron 5 cm3, fabrication française par MRA.

Les voitures de course sur piste circulaire ne sont pas des jouets puisqu’elles ne sont pas destinées aux jeux d’enfants. Il s’agit en effet d’une discipline née aux États-Unis à la fin des années 1930 et pratiquée dès l’origine par des modélistes de pointe avant de se populariser après-guerre jusqu’en France, en Italie et en Grande-Bretagne.

Ferrari 166 MM. Barchetta , moteur diesel 2,5 cm3, création de Giorgio Pontoni.
Aeropiccola (Italie), Lancia D 23 avec moteur Super-Tigre de 5 cm3.

En piste

Les buts du jeu étaient identiques à toute compétition automobile, à savoir propulser des bolides, à la recherche de vitesse maximale, d’endurance et de fiabilité, de sécurité et d’effets spectaculaires. Tels étaient les défis à relever pour les premiers modélistes qui mirent au point des voitures miniatures motorisées, reliées et maintenues par un câble d’acier (Tether en anglais) à un pylône central, destinées à tourner à grande vitesse sur une piste circulaire.

Maserati 8 CTF avec un moteur Canon de 5 cm3 (USA), conception J. Krasznai.
Ferrari F2 500 Movosprint de 1952, moteur Super-Tigre de 2,47 cm3.
Ferrari 156, moteur 3,5 cm3, reproduction Joseph KraznaÏ.

Une conception de précision

Compte tenu des vitesses très élevées des bolides, le câble en acier tressé d’une longueur de 6 à 9 mètres, se devait de résister à une force de traction et à une force centrifuge considérables. La pratique de cette discipline était donc réservée à des modélistes et compétiteurs expérimentés à même de mettre au point des voitures fiables. Les monoplaces mesurent de 28 à 48 cm.

Alfa Romeo 158, fabrication italienne par Aeropiccola, dotée d’un moteur Dooling 29 (USA) de 10 cm3.
Lancia/Ferrari D 50 avec moteur de 2,5 cm3, reproduite par Giorgio Pontoni.

Les bolides aérodynamiques, construits le plus souvent en aluminium ou en acier, embarquaient des moteurs thermiques 2-temps d’une cylindrée de 2,5 à 10 cm3. Dépourvue de direction permettant de la contrôler, la voiture ne peut que rouler sur une trajectoire circulaire. Au démarrage le lancement se fait manuellement.

Maserati 250 Eldorado de Sterling Moss, moteur diesel de 2,5 cm3, conçue par Mauro Magnani.
Maserati 8 CL, moteur Helium 7 cm3, construite en Italie par Elio Dalmastri en 1948..

Pour la stabilité, les châssis sont surbaissés et l’empattement large. Les roues et chaussées de pneus pleins en caoutchouc. A l’avant, elles sont fixes et braquées vers l’intérieur. La direction est fixe.

Hautes performances

Les performances dépendent uniquement des calculs de l’angle de direction et du rapport de transmission, ainsi que des réglages mécaniques.

Mercedes RW 196, fabrication Aeopiccola Micromeccanica (Italie), moteur Super-Tigre de 5,65 cm3.
Cisitalia GP 360, moteur 10 cm3.
Vega France, Cisitalia D 46 équipée d’un moteur de 2,5 cm3.
Modèle en plastique de fabrication Wen-Mec (USA), moteur Cox 0,49 cm3.
Un modèle de fabrication soviétique avec un moteur de 2,5 cm3.

Les vitesses atteintes par les voitures circulaires sont impressionnantes. Elles sont chronométrées sur 500 m, classées selon leur cylindrée. Elles pointent à 200 km/h, voire 300 km/h pour les modèles les plus récents.

Mercedes W 196, fabrication française par Precisia, moteur de 2,5 cm3
Micromeccanica, moteur de 0,32 cm3.

Bienvenue au club

Cette discipline dangereuse s’est pratiquée sous l’égide des fédérations de modélisme européennes, selon des règles strictes, sur des pistes réservées, par des compétiteurs techniciens chevronnés, dans le cadre de clubs spécialisés, jusqu’aux années 1960. Les autos radiocommandées qui pouvaient tourner sur circuits les ont ensuite supplantées.

Une méthode astucieuse pour démarrer le moteur !

Estimations : Les voitures circulaires (Theter Cars) sont aujourd’hui très recherchées et collectionnées. Chaque exemplaire était conçu en très petit nombre et certains sont des prototypes. Ils se négocient à des prix élevés de plusieurs centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros.

Martine Hermann
Collection et photos Giuseppe Scarani