La victoire ne tient pas qu’à un fil

Les voitures de course sur piste circulaire ne sont pas des jouets puisqu’elles ne sont pas destinées aux jeux d’enfants. Il s’agit en effet d’une discipline née aux États-Unis à la fin des années 1930 et pratiquée dès l’origine par des modélistes de pointe avant de se populariser après-guerre jusqu’en France, en Italie et en Grande-Bretagne.


En piste
Les buts du jeu étaient identiques à toute compétition automobile, à savoir propulser des bolides, à la recherche de vitesse maximale, d’endurance et de fiabilité, de sécurité et d’effets spectaculaires. Tels étaient les défis à relever pour les premiers modélistes qui mirent au point des voitures miniatures motorisées, reliées et maintenues par un câble d’acier (Tether en anglais) à un pylône central, destinées à tourner à grande vitesse sur une piste circulaire.



Une conception de précision
Compte tenu des vitesses très élevées des bolides, le câble en acier tressé d’une longueur de 6 à 9 mètres, se devait de résister à une force de traction et à une force centrifuge considérables. La pratique de cette discipline était donc réservée à des modélistes et compétiteurs expérimentés à même de mettre au point des voitures fiables. Les monoplaces mesurent de 28 à 48 cm.


Les bolides aérodynamiques, construits le plus souvent en aluminium ou en acier, embarquaient des moteurs thermiques 2-temps d’une cylindrée de 2,5 à 10 cm3. Dépourvue de direction permettant de la contrôler, la voiture ne peut que rouler sur une trajectoire circulaire. Au démarrage le lancement se fait manuellement.


Pour la stabilité, les châssis sont surbaissés et l’empattement large. Les roues et chaussées de pneus pleins en caoutchouc. A l’avant, elles sont fixes et braquées vers l’intérieur. La direction est fixe.
Hautes performances
Les performances dépendent uniquement des calculs de l’angle de direction et du rapport de transmission, ainsi que des réglages mécaniques.





Les vitesses atteintes par les voitures circulaires sont impressionnantes. Elles sont chronométrées sur 500 m, classées selon leur cylindrée. Elles pointent à 200 km/h, voire 300 km/h pour les modèles les plus récents.


Bienvenue au club
Cette discipline dangereuse s’est pratiquée sous l’égide des fédérations de modélisme européennes, selon des règles strictes, sur des pistes réservées, par des compétiteurs techniciens chevronnés, dans le cadre de clubs spécialisés, jusqu’aux années 1960. Les autos radiocommandées qui pouvaient tourner sur circuits les ont ensuite supplantées.

Estimations : Les voitures circulaires (Theter Cars) sont aujourd’hui très recherchées et collectionnées. Chaque exemplaire était conçu en très petit nombre et certains sont des prototypes. Ils se négocient à des prix élevés de plusieurs centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros.
Martine Hermann
Collection et photos Giuseppe Scarani
