Jouets d’optique

Le Zootrope

Le zootrope ou zoetrope, appelé par les Anglais Wheel of Life, roue de vie, est un jouet d’optique considéré comme un perfectionnement du phénakistiscope. Comme ce dernier, il s’appuie sur le même principe visuel qui donne l’illusion du mouvement : l’inertie rétinienne. L’amélioration est apportée par le tambour du zootrope qui remplace le disque du phénakistiscope et permet d’observer à plusieurs la scène animée, les spectateurs se disposant autour du jouet posé sur une table comme le montre la publicité anglaise ci-dessus.

Une bande de papier illustrée dans un tambour rotatif.

L’ingéniosité de deux inventeurs

Cette invention est couramment attribuée à l’Anglais William George Horner (1833) de Londres et à l’Autrichien Stampfer de Vienne (1834). Il s’agit d’un tambour rotatif en carton ou en métal, posé sur un pied en bois ou en fonte. Les parois du tambour, peintes en noir, sont percées de fentes régulières. Il y a autant de fentes que d’images. Ici, le disque du phénakistiscope est remplacé par une bande de papier, lointain ancêtre de la pellicule cinématographique, sur laquelle figurent des images représentées dans un mouvement décomposé. L’exemplaire que nous possédons est accompagné de 28 bandes dessinées.

Effets d’optique

Le zootrope fonctionne comme le phénakistiscope. Quand on le fait tourner, l’obturation régulière du défilement des images successives décomposant un mouvement permet, par un effet stroboscopique, de voir les images s’animer.  L’obturation due à l’interposition des parties pleines du tambour faisant suite aux fentes, provoque l’effacement de cette persistance rétinienne, ce qui permet la perception, les unes après les autres, des vignettes dessinées.

Le pré-cinéma chez soi

Ce jouet est moins rare que le phénakisticope, mais il est recherché par les collectionneurs de jouets de pré-cinéma. On le trouve en plusieurs tailles, de 10 à 30 cm de diamètre. Notre exemplaire mesure 23 cm de diamètre, comporte 13 fentes, le tambour est fermé par un couvercle décoré d’une vignette et il porte une étiquette du Bon Marché.

D’après le catalogue d’Étrennes du Bon Marché de 1913, le prix de ce jouet nommé “Cinématographe enfantin” était, alors, compris entre 4 F 90 et 8 F 50, selon le nombre de bandes dessinées.

Extrait du catalogue du Bon Marché 1913.

Le Gramophone-Cinéma, le son et l’image

Une variante du Phénakistiscope et du Zootrope, le Gramophone Cinéma ou Kinéphone, a été fabriquée dans les années 1920 par Reid and Co. Il est complet dans sa boîte d’origine et en parfait état. La boite mesure 18 cm x 18 cm x 4,5 cm, elle contient 5 disques de 16,5 cm de diamètre avec des dessins : Charlot (Nº Inv. 11043), Félix le Chat (Nº Inv. 11044), Enfant sautant à la corde (Nº Inv. 11045), Homme jouant avec sa tête (Nº Inv. 11046), Enfant donnant à manger à des poules (Nº Inv. 11047). 

L’appareil se place sur le plateau tournant à 78 tours/minute d’un gramophone, ici un tourne-disque Voix de son maître de 1957, type 3355. Au travers des orifices d’un disque de couleur noire avec des cannelures, il permet la vision animée d’une série de disques dessinés. Comme avec le zootrope, les spectateurs peuvent se disposer autour de l’appareil et profiter, ensemble, du spectacle.

Estimation : pour le Zootrope, compter de 600 à 1300 € suivant la taille, l’état de conservation et le nombre de bandes dessinées. Le kinéphone, rare en France, se négocie en Grande-Bretagne aux alentours de 150  €.

Biblio

Le Mouvement continué par Laurent Mannoni. Catalogue illustré des collections des appareils de la Cinémathèque française. Éditions Mazzotti, 1994.

Claude Lamboley

Collectionneur de jouets anciens