Servo-Pilote Jep

Une belle réussite JEP qui a fait rêver de nombreux jeunes pilotes

Louis Delâge fonde la Société des automobiles Delage en 1905 à Levallois. Dès l’année suivante, il engage ses voitures en compétition afin de forger sa renommée. Les premières victoires sont encourageantes et Delage obtient ses lettres de noblesse dans le monde du luxe et des sports mécaniques. Le constructeur produira ses propres moteurs 7 litres dès 1913 et récoltera les lauriers en course jusqu’à la guerre.
En 1926 et 1927 Delage met au point trois voitures pour la compétition dotées d’un moteur 8 cylindres de 1500 cm3. La consécration arrive lors de la saison 1927 avec une première place au Championnat du monde des manufacturiers. La 15 S8 de l’écurie Delage, pilotée par Robert Benoist, détrônait ainsi Alfa Romeo et Bugatti. Six exemplaires de cette voiture d’exception sortiront des chaînes avant que Delage renonce aux circuits en 1928.

Delage 15 S8, première championne du monde française en 1927 (Rétromobile 2017).

JEP à la hauteur

JEP, que l’on sait très inspiré par les courses automobiles et les grandes voitures haut-de-gamme, entreprend “la reproduction exacte” de la Delage championne du monde et lance sur le circuit des jouets une auto mécanique “Servo-Pilote” en 1928, sous la référence 7394.

La Revue du jouet 1928.

A l’aube des années 1930, le plateau des autos de course JEP se compose d’une Bugatti (réf. 7376) de 35 cm, puis d’une autre Bugatti de 45 cm (réf. 7379) en 1933, de deux modèles mécaniques avec inverseur marche/arrêt et levier de frein extérieurs : une Delage et une Renault (réf. 7393 et 7393 bis) ; et de deux autres voitures à la carrosserie similaire aux précédentes, mais disposant d’un filoguidage par Servo Pilote (réf. 7394 et 7394 bis).

Une championne du monde fort convoitée

C’est la Delage Servo-Pilote que nous avons choisi de présenter ici. Avec ce modèle, JEP respecte parfaitement les lignes surbaissées de la vraie voiture, avec son long capot, son plancher relevé à l’avant et son arrière pointu. La grande calandre inclinée, emboutie du nom de Delage, porte le N° 6 en blanc sur le fond bleu de la carrosserie. Les deux ceintures de caisse sont soulignées d’un liséré jaune.

Plaque apposée sur le flanc du bolide.

Le poste de pilotage, en tôle peinte en marron, imite le capitonnage en cuir. Le pilote en composition porte une combinaison jaune et un casque marron. Ses mains gantées sont posées sur un volant à quatre branches.

Le formidable atout de la commande par Servo-Pilote.

Le train avant très élaboré est composé d’une barre de direction et d’imitations de cardans. L’ensemble relié au Servo-Pilote par un câble. Une tôle repliée protégé le châssis.
Les roues en tôle sont finies en gris-beige, les jantes en gris foncé sont striées de 24 rayons.

Les roues moulées sans pneus.
Le système de cardan.

Dans le cœur de la bête

Le Servo-Pilote est actionné à l’aide d’un grand volant à 4 branches qui, relié à une crémaillère et son fil d’acier permettant de guider le bolide. La traction se fait grâce à un puissant moteur à ressort dont les engrenages sont en bronze.

Servo-Pilote, premier moniteur de conduite

Grâce au système de Servo-Pilote, il est possible d’actionner la direction et d’effectuer une marche avant/marche arrière. « La mise en marche, l’arrêt, le braquage des roues avant, la marche avant et arrière sont obtenus à distance par la manœuvre d’un volant relié à la voiture par un câble métallique souple », indique la notice d’instruction livrée avec le jouet. Ce système “breveté en France et à l’étranger,” était inédit à l’époque.

A l’arrière, le mécanisme permettant des options révolutionnaires !
Volant du Servo-Pilote, 50 mm.
Crémaillère est enfermée dans la pièce de fonderie en zamak.

Biblio

Clive Lamming, JEP, Le Jouet de Paris, 1902-1968, Adrien Maeght Éditeur, 1988.

Estimation : Une Delage JEP Servo-Pilote en excellent se négocie à partir de 1000 €.

Martine Hermann et Giuseppe Scarani
(© photos et coll. GS)