Pistolets jouets

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les jouets guerriers, tels les soldats, les tanks, les pistolets…, étaient considérés comme des jeux tout à fait normaux pour les enfants. Un fabricant français d´un pistolet jouet à fléchettes, modèle “Le Maquisard”, allait même jusqu`à le qualifier de « Joie des enfants ».

Autre temps, autre perception des armes durcie par la guerre.

Pistolets à bouchon, revue des productions françaises

Parmi ces productions abondantes et variées, on pouvait trouver les pistolets à bouchon. Certains de ces jouets étaient l’apanage de petites sociétés françaises des années 1950 à l´existence pour le moins éphémère.

• FAJ, Lyon (69)
De son nom complet Ets Schelle FAJ, cette société lyonnaise a été créée en 1965 pour la fabrication de jouets de bazar en métal et en plastique, essentiellement des pistolets. Son logo est très semblable à celui de France Jouets, mais avec un A intercalé.

Faj Lyon, pistolet à bouchon 75.
Petit pistolet en tôle laquée noire, avec ses bouchons.

• FAP, Suresnes (92)
D´après son dépliant catalogue des années 1950, ce fabricant français était spécialisé dans les armes jouets dont un colt de cow-boy et une mitraillette lance-flammes. Ce pistolet type Browning est à bouchon.

Browning à bouchon en tôle nickelée.

• J.A., Paris (75)

De son nom complet Ets Jean Arnaud, l’entreprise s’est fait connaître dès après-guerre avec un modèle de pistolet en tôle à fléchettes, vendu sur une carte-cible, dénommé L’Adhérent. Dans les années 1950, J.A. a produit un pistolet en métal et plastique dont le bouchon était propulsé par un système d’air comprimé.

Pour armer, basculer la crosse d´arrière en-avant, dit la pochette de bouchons.

• JEP, Paris (75)
Bien connu pour la diversité de sa production de jouets en fer blanc lithographié, JEP a aussi produit des petits pistolets mais avec une variante du bouchon dit “détonant”. Un mécanisme à double pivot et cliquet permettait la répétition.

Pistolet browning à bouchons explosifs, détonnant et néanmoins “inoffensif”.
Browning JEP Sans balle, à bouchon explosif.

• Jouets Faye
L’entreprise Faye a repris la société Audibert en 1944 et a poursuivi la fabrication d’ours en peluche comme le suggère son logo. Elle semble avoir et active jusqu’au mitan des années 1950.

Le pistolet à bouchon Pampa des Jouets Faye.

• PF, Paris (75)
PF est le sigle adopté par Marcel Pintel pour marquer entre 1911 et les années 1930 d´abord les ours Pintel France, puis les autres productions dont ces revolvers à bouchon en tôle.

Petits revolvers nickelés signés Pintel.

• Pyra, Rilleux-la-Pape (69)
Pyra est le diminutif de la société Pyragric de Lyon spécialisée dans la pyrotechnie. Les articles de farces et attrapes et les jouets étaient commercialisés sous cette marque dans les années 1950-60 par les Ets Malalioge à Chalons-sur-Saône. L’entreprise s’est maintenant uniquement consacrée aux feux d’artifice.

Un pistolet de farces et attrapes très sonore.

• Solido, Ivry-la-Bataille (27)
En complément de sa grande production de miniatures automobiles en zamak aux 1/43e et 1/50e, Solido proposait une demi-douzaine de revolvers et pistolets, comme en témoignent les catalogues entre 1963 et 1968. Certains sont des armes jouets à bouchon.

Colt 6×35 à bouchon par Solido

• VB & Cie, Paris (75)
En 1919, Victor Bonnet, un grossiste en jouets, ami des Fernand Martin, lui a racheté son entreprise. Le logo est donc passé de FM à VB & Cie. Ce qui a donné la marque commerciale VéBé.
Parmi les jouets produits, ce pistolet à bouchon dénommé “L’inoffensive bombarde”.

Bombarde retentissante produite par VB & Cie dans les années 1920.

Le retour

Le renouveau du pistolet à bouchon est venu dans les années 1990 des USA avec la société Nerf dont le rachat par Hasbro a alors décuplé la popularité. Nerf, créée en 1969 par Reyn Guyeret Parker Brothers, était jusqu’alors restée plutôt confidentielle.

Sharp Shooter de 1992 à projectiles en mousse.

Bernard Gloux
Collectionneur