Et aux petits soldats de la loi

La gendarmerie peut se prévaloir de plus de sept siècles d’histoire. L’ancienne maréchaussée, née pendant la Guerre de Cent ans, a du s’adapter aux lois des différents systèmes politiques et aux changements sociaux. Par édits et décrets, les pouvoirs successifs ont réglementé ses statuts et précisé ses compétences et attributions. L’Assemblée constituante lui donna le nom de Gendarmerie nationale en 1791 et l’organisa en deux armes, l’une à pied l’autre montée pour ses missions de maintien de l’ordre et d’exécution des lois, mais supprima ses fonctions judiciaires en vertu de la séparation des pouvoirs.

De nationale, sous la tutelle du ministère de la Guerre pendant la Révolution, la gendarmerie deviendra impériale en 1804, puis royale en 1815. De nouveau impériale en 1853, elle est nationale depuis 1870. Elle passera au service de la Défense et de la Guerre sous le gouvernement Daladier. La gendarmerie des colonies est créée en 1830. Puis, la Garde républicaine constituée sous la Seconde République intégrera la Gendarmerie sous les ordres du préfet de police en 1849.
Le corps, est désormais rattaché au ministère de la Défense.
Des jouets qui font autorité
Nombreux les jeunes garçons, impressionnés par l’autorité et l’uniforme, qui se sont identifiés aux gendarmes. Ce thème impérissable a été décliné de multiples façon par les éditeurs de jeux et les fabricants de jouets depuis le début du XIXe siècle.
• Les marionnettes
Le Théâtre de Guignol a été créé par Laurent Mourguet en 1808. Le personnage de Guignol, un canut lyonnais, était traditionnellement accompagné de deux acolytes Gnafron et Madelon et du gendarme, alias Flageolet. Marionnettes à gaine ou à fil ont depuis lors été produites pour animer les spectacles dans les castelets toujours en activité.

• Les jeux de société
Lotos, jeux de plateaux, jeux de l’oie…, les éditeurs de la Belle époque ont multipliés les interventions des gendarmes dans les règles des jeux et les illustrations chromolithographiées les représentaient souvent le sourcil froncé.






• Jeu d’adresse
Avant la Première Guerre et jusqu’aux années 1930, les jeux de quilles, jeux de massacre, jeux de tir, passe-boules, chamboule-tout…, ont été réalisés avec des personnages en composition, à l’instar des création Bon-Dufour (Lire Les soldats en composition).

Ci-dessous, un jeu d’adresse qui consiste à accrocher la botte du gendarme au clou.




• Les figurines
Les soldats et figurines restituent des images de gendarmes tantôt flatteuses et glorieuses, tantôt caricaturées et parodiées. Au XIXe siècle, les éditeurs et imprimeurs publiaient en grandes séries des planches d’images à découper dont des représentations de soldats (Lire Soldats de papier).
Signalons également les figurines en bois et en carton courantes à la même époque ainsi que des plats d’étain.



Une collection particulière
Les jeux et jouets présentés ici proviennent d’une exceptionnelle collection thématique sur les gendarmes réalisée par Alain Happe. Un vaste ensemble d’objets qui aborde maintes catégories des arts populaires autour d’une figure de la culture traditionnelle et familière qu’est le gendarme.
Rendez-vous sur le site d’Alain Happe art-pop-gend.
Martine Hermann
(© Texte)
Alain Happe
(© Photos et coll.)
