Biermé van Oye

Jouets en bois Garcin Jo pour BVO

Couverture du catalogue 1928 (©ARPH).

Telle est l’origine de nombreux jouets en bois : ils ont souvent été fabriqués dans des ateliers d’entreprises dont la production principale n’étaient pas les jouets. Ceux-ci constituaient une diversification des métiers traditionnels du bois comme la menuiserie ou l’ébénisterie par exemple. (Lire les jouets Dejou).

De la vannerie aux jouets

Gustave Van-Oye, un industriel belge, installe en France des ateliers pour la production d’articles de vannerie et d’objets en rotin en 1865. L’usine d’Halluin à la frontière belge fondée en 1882, restera active jusqu’à ce qu’elle soit sinistrée par un incendie en décembre 1911. La nouvelle unité de production sera implantée à Gravelines. Au début du XXe siècle Albert, successeur du fondateur, reprend l’entreprise sous la raison sociale de Albert Van-Oye & Cie. Deux usines sont construites à Oye et à Grand-Fort-Philippe.

Ets Biermé-van Oye, usines d’Halluin et Oye, 1910. (©ARPH)

En 1910, Emile Biermé, le gendre d’Albert van Oye prend la direction de l’entreprise, la modernise et diversifie la production. Les jouets en bois entrent au catalogue et les initiales BVO deviennent le sigle de la marque Biermé van Oye. Cerfs-volants, jouets à traîner laqués, jouets de plage et beaux voiliers sont fabriqués dans les manufactures du groupe qui comptera quelque 600 ouvriers à son apogée en 1900. A la fin des années 1920, les jouets en bois animés complèteront le plateau.

Extrait du catalogue Au Bon Marché, 1928.
Les ateliers de fabrications des jouets (©ARPH).

Garcin Jo, l’artiste créateur

De grands illustrateurs et dessinateurs avaient créé des jouets en bois dès la fin du XIXe siècle, ouvrant ainsi la voie aux jouets dits “d’artistes”. Les animaux espiègles de Caran d’Ache ou ceux de Benjamin Rabier sont bien connus. A la fin des années 1920, à l’instar de Fernand Migault qui convoqua les talents de O’Galop, le créateur de Bibendum, pour la réalisation d’une série d’animaux en bois, BVO fit appel lui aussi à un artiste de renom. Emile Biermé confia sa branche jouets à Garcin Jo, un mécanicien passionné, inventeur autodidacte, créateur et illustrateur inspiré qui imagina une série de modèles animés naïfs et burlesques réalisés en bois laqué.

Catalogue BVO 1928 (©ARPH).

En 1931, Garcin Jo écrit et illustré deux livres d’initiation pour la jeunesse “L’Avion” et “L’Automobile” dans la collection Les Albums du Petit Mecano (Ed. Hachette). Il illustre la même année l’album “Bob et Miaoulette” de Lucien Bonnefoy (Ed. Larousse).

Le canard, jouet à pousser (©Ph. Bisson).
Ma Nou-Nou”, H. 26 cm. (©J. Polheimer).

La fin de BVO

Malgré la qualité et la diversité de ses productions, les investissements dans l’outillage et notamment l’achat d’une machine à emboutir le métal et les tentatives de recapitalisation, BVO est déclaré en faillite en avril 1929. Suite à la liquidation judiciaire en 1934, le matériel et les machines, la flotte automobile et le mobilier, ainsi que les stocks d’articles de vannerie et de jouets sont dispersés aux enchères sur le site de l’usine d’Oye.

Les jouets de plage BVO (©ARPH).

Les jouets imaginés en 1927 par Garcin Jo n’auront donc été produits par BVO que durant une courte période de temps, ce qui explique leur rareté.

Martine Hermann
Merci à André Loof, association ARPH A la recherche du passé d’Halluin et
à Philippe Bisson et Jan Polheimer pour les photos de leur jouet.