Auto Vaty

Il fallait un brin d´inconscience pour proposer au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en 1949, un jouet sophistiqué et donc cher. Il était vendu au prix de 8 950 francs. A titre de comparaison, en 1950 année de la création du Smig (Salaire minimum interprofessionnel garanti), un ouvrier percevait en moyenne 12 500 francs par an.

Une ligne étonnante inspiré d’une berline de luxe de la fin des années 1940 (© S. Martinage)

Une berline en alu

L’auto Vaty est librement inspirée d’une berline Delahaye, voiture de luxe de l’époque. Elle est en fonte d´aluminium de 3 mm d’épaisseur pour un poids de 1, 7 kg. Les roues sont en caoutchouc, elle dispose d’un éclairage avant et arrière fonctionnel et d’un vitrage complet en rhodoïd. Elle mesure 31 cm de longueur.

L’auto Vaty est filoguidée, une évolution technique avant-gardiste en 1949.

Dans son coffret

Elle était vendue dans un coffret en bois de peuplier contenant la voiture, le câble de 5 m, le boîtier de télécommande avec son volant de 4 cm de diamètre et le transformateur de 110 v ou 220 v comme il convenait pour l´époque. Une sangle maintenait la berline posée sur des cales, détail haut de gamme.

Une présentation très soignée pour un jouet haut de gamme.
(© Serge Martinage).

Vaty, pionnier du filoguidage

Sans doute impressionné par la mécanique du jouet, le jury de la Foire de Paris lui attribua la médaille d´or en 1949. Le câble est complexe et démontre les limitations technologiques de l´époque. Bien que le fabriquant annonçait un rayon d´action de 5 m, elle est en réalité de 2,14 m car le câble est divisé en 2 sections : de la voiture au boîtier de commandes et du boîtier au transformateur et prise secteur.

Une vue des entrailles de la berline avec câble acier de direction, moteur électrique de propulsion et lampes d´éclairages alimentés en 20 v.


La section boîtier-voiture est composée d´un fil électrique alimentant le moteur de la voiture et d´une gaine en acier contenant un câble métallique, genre frein de vélo, pour la direction des roues avant. Au repos celles-ci reviennent braquées à gauche.

Un mécanisme trop complexe pour un jouet d’enfant.

Couleurs et versions

Ce jouet existe de plusieurs couleurs, le rouge la plus courante, le bleu, le vert clair et le noir.

Le plancher en alu.
(© Serge Martinage)
Décalcomanie et plaque d’immatriculation.

Deux usages différents sont attribués aux voitures Vaty filoguidées :
— La première version est dédiée aux enfants de familles aisées et disposant de place pour le dépliement du jouet.

— La seconde était dévolue aux stands forains. Elles ont été utilisées sur des attractions qui proposaient des courses en ligne avec obstacles. L’épaisse carrosserie en aluminium garantissait leur résistance. Un volant de 24 cm de diamètre, marqué Vaty dans la masse, semble bien adapté aux contraintes de foire, avec un petit levier de rhéostat pour gérer la vitesse.

Voici une photo qui prétend montrer les restes d´un stand forain. (©Catawiki)

Qui est Vaty ?

La littérature du jouet ne révèle rien sur cette marque. La notice d’utilisation du boîtier de commande standard (volant de 4 cm de diamètre) mentionne “Constructions M. B., 26 rue Buffon à Montreuil (Seine)”. L’entreprise n’ayant pas versé ses archives aux archives municipales, nous ne disposons d’aucune autre information sur ce fabricant.

Le jeu des 7 erreurs

La notice de fonctionnement de l’auto Vaty restaurée par l’IA est confondante, mais en zoomant on s’aperçoit de quelques originalités pittoresques. A vous de jouer.

La notice originale.
La notice de restaurée par l’IA.

Estimation : Ce jouet, coûteux à l’origine, est assez rare aujourd’hui. Par ailleurs, le système de fonctionnement fragile est souvent défectueux et plutôt difficile à réparer. Selon son état, l’auto Vaty se négocie à partir de 200 € et 400 € pour un modèle dans son coffret.

Bernard Gloux
Collectionneur