Schuco sous licence

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le fabricant allemand de jouets mécaniques Schuco s’est retrouvé dans la zone d’occupation américaine, d’où la mention US Zone sur ses jouets. Les alliés et singulièrement la France, par la structure interalliée Jeja (Joint Export-Import Agency) imposèrent des restrictions sur les exportations d »Allemagne de l’Ouest. De plus, la faible production renaissante de Schuco était presque exclusivement réservée au marché nord-américain. Pour pallier les interdits d’importation locaux comme en France, Schuco attribua à Bruper une licence de production française du modèle de voiture Schuco 1001.

Schuco 1001 au mécanisme anti-chute
À l´aide d´une cinquième roue transversale, cette voiture jouet mécanique avait la particularité de se détourner des bords de table et d’éviter d´en tomber (mécanisme Mirako).




Les versions d’après-guerre
La Schuco 1001 a été produite à nouveau après-guerre dans la zone d’occupation US mais avec une carrosserie différente.


La voiture a ensuite été améliorée. Sous la référence 1010, elle disposait d’un cerclage de pare-brise et d’une nouvelle calandre. La finition bicolore évoquait le pur style Art-déco.

La dernière évolution est celle d´une voiture commandée à distance par câble d’acier relié à un volant, commercialisé sous le nom de Schuco 3000 Telesteerin Car.

Il ne semble pas que Bruper ait été impliquée dans ces évolutions, sans doute en raison des tensions montantes avec l’Allemagne.

Bruper, une production indigente
À partir de 1953, l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) créée en 1948 et remplacée en 1961 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) permit la levée progressive des restrictions commerciales.
La production locale de Bruper n´avait donc plus d’intérêt, d’autant que le modèle 1000 datant des années 1930 avait fait son temps. Bruper a entamé une production indigène avec une voiture mécanique en fer blanc à roues avant orientables manuellement.

C’est le seul jouet que l’on puisse attribuer à Bruper, une marque qui semble s’être évanouie dans la brume du matin.
Bernard Gloux
Collectionneur
